28.02.2008
Les outils actuels de protection du paysage.
Nous dressons ici une liste des outils déjà utilisés pour protéger le patrimoine urbain et paysager, en précisant les sites qui en ont bénéficié. Ces outils pourraient bien sûr être utilisés à nouveau, ils sont donc très importants.
•Le classement en ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager) (Code de l'Environnement), ex: Salles-Arbuissonnas le 20 février 1990 : le classement ne concerne que le bourg, l'église, le cloître et le chapître. Il est à remarquer que les vues depuis le chapitre et vers le chapitre ne sont pas protégées, en particulier la Croix-Polage, le Cret, Montjoly et le Bussy… ce qui constitue une grave carence.
A été classé en ZPPAU, en 1990, le village de Thizy.
•Le classement de sites (Code de l'Environnement)
Ont été classés : La chapelle Saint-Hippolyte et les arbres qui l'entourent à Theizé (CC du Bois d'Oingt)
Le vieux village de Ternand (CC du Bois d'Oingt)
Le Val de Saône, Saint Georges de Reneins, Belleville, Taponas (CC Beaujolais-Vauxonne et Beaujolais Val de Saône)
•L'inscription de sites (Code de l'Environnement)
Ont été inscrits : Le sommet du Mont Brouilly sur Odenas et Saint-Lager (CC Beaujolais-Val de Saône)
Les Gorges du Sornin et terrains avoisinants à Propières (CC du Haut-Beaujolais)
Le château de la Roche et ses abords à Jullié (CC de la région de Beaujeu)
Le château et le parc de Jarnioux (CC du Bois d'Oingt)
Le vieux village de Chamelet =
Le vieux village d'Oingt =
L'Ile de Beyne et rive avoisinante sur la Saône à Quincieux (CC Monts d'Or-Azergues)
Le château de Varax et son parc à Marcilly d'Azergues =
Le château de Bionnay et son parc à Lacenas (CC Beaujolais-Nizerand-Morgon)
Le Col des Echarmeaux et ses abords à Poule-les-Echarmeaux (CC Haute Vallée d'Azergues)
L'église, les tilleuls, la ferme, le vieux bourg à Chambost-Allières =
Le centre-ville de Villefranche-sur-Saône
•Le classement dans le réseau Natura 2000, réseau de sites naturels protégés à l'échelle européenne visant à préserver les espèces et les habitats menacés et/ou remarquables.
Par arrêté du 24 avril 2006 les prairies humides et forêts alluviales du Val de Saône
dont une partie se situe sur Belleville, Saint Georges de Reneins et Taponas en bord de Saône (département du Rhône).
•Le classement dans le réseau des Grands Sites de France.
Aucun site du Beaujolais n'est classé à ce titre. Le plus proche est la Roche de Solutré qui fait partie du sud-maconnais.
•Le Département (depuis 1991) a créé la notion d' «espaces naturels sensibles», sites naturels qu'il entend préserver, mettre en valeur et selon la nature des lieux ouvrir au public. Il en a répertorié 89 dont en Beaujolais
sous forme de sentiers :
Le sentier de Port-Rivière (Saint-Georges-de-Reneins)
Le sentier du lac des Sapins (Cublize)
Le sentier de Bourdelan (Anse)
Le sentier du Bois de la Flachère (Le Bois d'Oingt-Légny-Saint-Vérand)
Le sentier botanique des Pierres Folles (Saint-Jean-des-Vignes)
Sous forme de parcours et circuits du Val de Saône :
Le circuit de la Lône de Taponas
Le parcours de l'île de Belleville
Le circuit des Grandes Terres
Le circuit des Trous de Terre
Le parcours nature de Port-Rivière
Le parcours de La Grange du Diable
Le circuit du Marais de Boîtray
Enfin les Landes du Haut Beaujolais, dites encore «Landes de Sainte Marie»
•les différentes protections au titre des monuments historiques (classement et inscription à l'inventaire supplémentaire)
Sans compter les maisons de Villefranche, 80 bâtiments en Pays Beaujolais sont aujourd'hui protégés. La protection est souvent partielle et délimitée spatialement. Cette protection entraîne une protection de 500 mètres autour du bâtiment.
Des espaces extérieurs ont été classés mais de façon très limitée (liste exhaustive):
En 1972, outre le château de la Chaize, le jardin à la française et le potager.
En 1996, outre le château de Laye, le «parc agricole et paysager» créé par le comte de Choulot, y compris allées, plans d'eau, bosquets, potager.
En 1997: outre le château de la Bussière, le jardin (Saint-Marcel-L'Eclairé)
En 2000 : outre le château de Montmelas, le potager et ses éléments bâtis, le parc en totalité avec son mur d'enceinte, ses deux portes d'entrée et l'ensemble du système hydraulique.
En 2007 : le jardin à la française du château de Longsard
Les Affaires Culturelles n'accordent plus que rarement une protection entraînant une possibilité de subventions. Cependant il soutient d'une façon plus ou moins indirecte un certain nombre de lieux en attribuant des «labels» ou en accordant un «agrément fiscal» et en obligeant le propriétaire à ouvrir au public au moins 40 jours par an.
1 «jardin remarquable» en Beaujolais : le parc de Laye
Plusieurs jardins du Beaujolais sont ouverts pour les «rendez-vous aux jardins» organisés par la DRAC:
Le Jardin du château de Pizay (Saint Jean d'Ardières)
Les jardins du château de Bionnay (Lacenas)
Le parc du château de la Chaize (Odenas)
Le parc du château de Laye (Saint-Georges-de-Reneins)
Le parc du château de Vaurenard (Gleizé)
Certains bâtiments plus modestes que des châteaux, des bâtiments de la vie rurale, peuvent obtenir le label de la Fondation du Patrimoine.
Ces trois dernières mesures ne constituent pas une protection mais simplement une aide à un propriétaire pour l'entretien de ses bâtiments qui représentent un intérêt patrimonial. Il n'y a donc aucune garantie sur l'avenir.
•En dehors des outils qui viennent d'être cités, il faut étudier les PLU (Plans locaux d'Urbanisme) et les classements de protection qui y ont été faits, par exemple les Zones Agricoles Protégés (ZAP), les plans de prévention des risques naturels et prévisibles (PPR), les zones de ruissellement, les zones inondables etc….
07:39 Publié dans Qui, quoi, comment. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrimoine paysager
24.02.2008
Agriculteurs,viticulteurs, acteurs du paysage.
Nous pensons que les agriculteurs sont les principaux acteurs du paysage.
Il est donc important dans la période de crise que vit actuellement le Beaujolais, où de nombreuses exploitations cessent leur activité et où nous assistons à l’arrachage de vignes sur de nombreuses parcelles, de connaître la politique que mène la Chambre d’Agriculture du Rhône, quels sont ses objectifs, comment ses actions s’articulent avec les représentants de la profession viticole.
C’est pourquoi nous avons demandé à la Chambre d’Agriculture du Rhône de nous présenter ses instances et ses actions. Ont répondu à notre invitation Mme Lydie Constant, chargée de l’animation territoriale à la Chambre d’Agriculture du Rhône, et M. Gérard Presle, Président du Comité de Développement du Beaujolais, secrétaire adjoint du bureau de la Chambre d’Agriculture, viticulteur à Marcy sur Anse (exploitation de 20 hectares de vignes) Président du syndicat sur cette commune et représentant élu de l’Inter-Beaujolais…
•Intervention de Monsieur Gérard Presle.
La chambre d agriculture gère les fonds publics qui proviennent
- d’une partie de l’impôt foncier : environ 4 millions €
- des prestations de services : par exemple suivi œnologique
- de fonds du Conseil Général
Le CDB est dirigé par un comité directeur composé de 20 membres de droit dont :
- 5 élus de la Chambre d’Agriculture
- 5 élus de l’Union Viticole (rôles de défense des Appellations et défense syndicale des adhérents en liaison avec la FDSEA)
- 3 élus des trois appellations : le beaujolais, les beaujolais-villages, les crus
- 2 élus de l’interprofession
Son rôle est d’élaborer une politique en liaison avec les viticulteurs. Ces dernières années, il a agi surtout sur la protection phytosanitaire raisonnée de la vigne. Il travaille aujourd’hui à améliorer la qualité des vins par une action de conseil en vinification, à favoriser l’adaptation des vignes face à un futur manque de produits de traitements, à faire changer les conduites de culture.
Tous les trois ans, un programme de développement est mis sur pied : par exemple 2004-2005-2006 le traitement des effluents viticoles sur toutes les exploitations est en train de se réaliser avec l’aide de la Chambre d’Agriculture qui se fait sous deux formes : conseil en aménagement et subvention (40% des travaux effectués)
Fin 2007 a été mise en place une aide à la restructuration des vignes, (primes d’arrachage afin d’éviter des friches et que piquets et fils de fer ne restent), restructurer des parcelles pour replanter avec de nouvelles densités, pour permettre une mécanisation accrue et une baisse des rendements. Il s’agit de trouver des moyens de lutte contre la concurrence internationale.
Certains ont fait remarquer à Monsieur Presle :
- que les primes à l’arrachage ont surtout été vécues comme une incitation à cesser l’activité viticole,
- qu’on voit, malgré les primes, des vignes non entretenues avec piquets et fils de fer parce que des viticulteurs veulent conserver leurs droits de plantation,
- qu’il est très difficile à un viticulteur de se reconvertir dans une autre activité agricole parce qu’en général, il cesse après d’énormes difficultés financières et qu’il ne peut plus envisager le moindre investissement,
- que l’aide à une reconversion est tout à fait insuffisante et qu’il s’agit de vœux pieux.
Afin de répondre à la crise, le préfet a mis en place une commission, la commission Bolio, qui réunit tous les acteurs de la filière viticole et les élus du Beaujolais.
Dans le domaine commercial, un organisme interprofessionnel appelé l’Inter Beaujolais a été créé par décret (25-09-1959). Il regroupe les producteurs et les négociants.
Cet organisme se rémunère avec une cotisation paritaire et obligatoire sur toutes les transactions entre un producteur et un « metteur en marché »
Lesquels libèrent environ 7 millions €.
Gérard Presle insiste sur le fait que toute politique agricole, et en particulier en cas de crise comme celle que nous vivons, doit se faire en lien avec les communes et les Communautés de Communes. Ainsi la gestion des terrains déplantés doit être reprise par les maires avec l’aide du CDB. La commune de Theizé travaille dans ce sens. Tous ceux qui avaient arraché des vignes ont été réunis à l’initiative du maire pour réfléchir à ce qu’ils pourraient faire de leurs terres. Échanges de parcelles, nouvelles productions, etc.
Il est objecté à Monsieur Presle que l’aide du CDB se fait moyennant finances et que beaucoup de communes rechignent à débourser une somme qui peut aller de 1000 à 3000 €. L’état de crise dans lequel est inféré le Beaujolais devrait inciter le CDB à être plus volontariste et ne pas quémander aux communes des frais de prestations alors qu’il s’agit d’un maillon essentiel de toute politique agricole et du paysage aujourd’hui.
•Intervention de Madame Lydie Constant
La politique agricole sur un territoire donné tourne autour de trois piliers : le Conseil Général, la Chambre d’Agriculture, la Commune. Pour faire face à la crise, le Conseil Général s’était tourné vers l’Union Viticole du Beaujolais. Cette dernière n’a pas répondu à l’invitation. Donc la Chambre d’Agriculture s’est substituée à l’UVB.
Lydie Constant nous explique qu’elle est chargée pour le Beaujolais d’accompagner les viticulteurs dans leur reconversion et dans l’utilisation des terres libérées par l’arrachage des vignes. Elle insiste sur ce rôle d’accompagnement qui ne peut se faire que dans la structure de la commune. Il faut une demande du maire, sa participation. Sans cela, rien ne se passera. Elle nous conseille vivement de nous mettre en rapport avec le maire de Theizé qui a engagé une concertation entre ses administrés viticulteurs qui éprouvaient de graves difficultés dans leur activité. Les gens se sont parlé, se sont organisés et commencent à entrevoir comment sortir de l’impasse et se reconvertir ou bien changer de pratiques.
Bien consciente que le paysage est étroitement lié à l’activité agricole, Lydie Constant nous parle d’un nouvel outil de protection : la PENAP (Protection d’Espaces Agricoles, Naturels et Périurbains), créée par la loi de « Développement en Territoire Ruraux » (DTR) du 24 février 2005. Il s’agit pour le Département d’un nouvel outil de maîtrise foncière. Le Rhône a voté cette compétence pour tout le département : tout le département est classé en zone périurbaine depuis mai 2007.
Pour l’instant, le travail commence sur les territoires les plus exposés : l’agglomération lyonnaise & la banlieue ouest de Lyon. Le Beaujolais est remis à plus tard. Il faut laisser au pays le temps de se restructurer face à la crise viticole.
Cette politique doit trouver sa place par l’intermédiaire du SCOT. Il faut l’accord des communes car il s’agit d’une remise en cause des PLU.
Tous les présents pensent qu’il faut aller vite, que le SCOT a déjà du mal à passer auprès des maires.
On s’aperçoit que : les PLU ont une durée de vie de 10 ans
le SCOT, de 30 ans
les PENAP sont pérennes.
Tout cela est à réfléchir…
12:45 Publié dans Qui, quoi, comment. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculteur viticulteur
Le SCOT, mode d'emploi.
Le SCOT, ou le Schéma de Cohérence Térritoriale.
Isabelle Brossard et Chantal Rouliot se sont rendues, en mars 2007, dans les locaux du syndicat mixte du SCOT situés 172 boulevard Vermorel à Villefranche, afin de faire connaissance avec cette instance où se décide, se prévoit, s’organise, se prépare et se dessine le Beaujolais de demain :
En tant qu'association, nous avons été bien accueillies par Mme Ouda Attalah, assistante de Michel Senelet. Celle-ci nous a montré où en était l'élaboration du SCOT : la phase «diagnostic» est finie et le Projet d'Aménagement et de Développement Durable (PADD) est en train de se faire avec comme horizon 2030.
Le PADD est destiné à servir d'armature aux différents PLU établis sur le plan local. Globalement, il s'agit de ne pas perdre de vue de grands objectifs à l'échelon du Beaujolais : par exemple «préserver les richesses naturelles et patrimoniales» tout en accueillant des entreprises et en maintenant une dynamique de population. Un Document d'Orientation Générale (DOG), issu du PADD, devra être le document de référence pour les PLU avec une révision tous les 10 ans.
Plusieurs associations sont associées à la démarche du SCOT. J'en ai demandé la liste. La nôtre sera convoquée systématiquement à toutes les réunions quel qu'en soit le thème parce que le paysage et la protection de l'environnement recoupent les travaux thématiques sur l'environnement, l'habitat, les déplacements, l'économie, ou bien encore l'agriculture.
Depuis 2003, il existe un Syndicat Mixte chargé d'élaborer un SCOT sous la présidence de Bruno Charvet et sous la direction de Michel Senelet, géographe de formation.
Il a été demandé à deux bureaux d'études : «Soberco» et «Interland» la réalisation d'un projet de charte paysagère à l'échelon du Pays Beaujolais. Le SCOT comprendra un PADD et un DOG, deux documents en cours d'élaboration qui permettront aux différents PLU ou autres documents communaux de s'aligner sur ces documents généraux.
Certaines communes se dotent d'un PLU, d'autres se contentent de cartes communales. Les documents communaux devront être compatibles avec les dispositions du SCOT. Il est prévu d'ici 5 à 7 ans la mise en oeuvre d'un Plan Local d'Habitat (PLH) et d'un Plan de Déplacement Urbain (PDU) à l'échelon du Pays Beaujolais.
Suite à cette première rencontre, nous avons invité M. le Président Charvet et M. Michel Senelet, directeur du SCOT, à venir nous présenter le SCOT Beaujolais.
Cette présentation a eu lieu le 16 octobre 2007 au siège de notre association et nous en tirons les conclusions et axes de réflexion suivants :
a) L’existence du SCOT est une chose bien mais sa mise en place est trop lente et il peut y avoir beaucoup de dégâts jusqu’à ce qu’il devienne opposable aux tiers (2011)
b) La mise en place du SCOT part de l’idée que l’augmentation de la population va suivre la même courbe que celle des années récentes, ce qui donne une augmentation de la population de 45. 000 habitants d’ici 2030 et un besoin de 40.000 logements. Il s’agit d’un postulat de départ qui est considéré comme une fatalité.
c) La notion de paysage est prise en compte de façon accessoire puisque sera établie une charte paysagère qui ne sera pas opposable aux tiers. Au lieu d’être au cœur des grandes orientations d’aménagement, elle vient se surajouter à un ensemble déjà établi.
d) L’exposé sur le SCOT révèle la complexité des notions d’aménagement (voierie, réseaux, constructions de logements, installations d’entreprises qui génèrent des déplacements, arrivée de nouveaux habitants, création d’emplois et de services) et de la notion de paysage et de culture ancienne d’un pays. Comment lier les problèmes environnementaux, les problèmes de paysage et les problèmes de développement ?
e) Sur le plan territorial, la commune est toute puissante pour appliquer les orientations du SCOT à travers la mise en place des PLU. Or la commune est une entité trop petite, trop étroite pour aborder la question du paysage, surtout en un pays de collines orientées vers la plaine de la Saône. Il y a un décalage entre les pouvoirs (très importants) des maires, et la notion très générale du paysage qui les dépasse par la force des choses.
f) Il apparaît que les deux principaux acteurs du paysage en Beaujolais sont les maires des communes du Pays Beaujolais et la Chambre d’Agriculture du Rhône
Il est décidé d’écrire une lettre aux différentes instances de la Chambre d’Agriculture du Rhône ainsi qu’à tous les maires du Beaujolais viticole. Cette lettre mettra l’accent sur l’importance de la notion de paysage et permettra de nous faire connaître, mais nous attendrons que les nouvelles équipes municipales soient en place.
12:40 Publié dans Qui, quoi, comment. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : scot beaujolais
Les acteurs du paysages en Beaujolais.
Si pour vous tout n’est pas clair, et Dieu sait qu’il faut parfois s'accrocher pour tout comprendre, voilà un exposé rédigé par Isabelle Brossard, Présidente de l’association Paysages Beaujolais, qui nous explique ce qu’il faut savoir sur le Pays Beaujolais, de manière à bien en connaître les structures politiques, administratives et de concertation, ainsi que leurs outils.
Le Pays Beaujolais comprend 137 communes réparties en 13 Communautés de Communes (C.C.). Il regroupe trois régions :
- le Beaujolais des sapins ou la vallée de l'Azergue avec Tarare & Amplepuis,
- le Beaujolais du vignoble avec Beaujeu & Villefranche,
- et la rive gauche de la Saône ou le val de Saône avec Belleville.
Il comprend 185.000 habitants.
Le Pays Beaujolais est une entité juridique, créée en 2002. Elle correspond à un territoire avec un passé historique, une organisation géographique, et une possibilité de développement cohérents. Le «Pays Beaujolais» pouvait ainsi devenir le partenaire de l'Etat, tel que l'avait défini la ministre Dominique Voynet dans la loi du 25 juin 1999, la loi d'Orientation pour l'Aménagement et le Développement Durable du Territoire. Puis, à l'intérieur du Pays Beaujolais, a été mis sur pied un syndicat mixte pour élaborer un SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), issu de la loi du 13 décembre 2000, dite loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain). Le SCOT est un document de planification sur 10 ans. C'est un projet global qui touche l'ensemble des aspects liés à l'organisation de l'espace. C'est un véritable outil d'orientation. Quant à la destination générale des sols, elle incombe aux PLU (Plan Local d'Urbanisme). Le SCOT du Beaujolais a été approuvé par le Préfet le 7 mars 2003. Le Président est depuis sa création Bruno Charvet, maire du Bois d'Oingt et Président de la CC du Bois d'Oingt. Le SCOT est opposable au PLU, au PDU (Plan de Déplacement Urbain), et à toutes opérations foncières et d'aménagement ou de développement commercial.
Une règle importante : l'article L.122-2 du Code de l'Urbanisme dit que les communes à moins de 15 km de la périphérie d'une agglomération de plus de 50.000 habitants ne peuvent pas modifier ni réviser leur PLU afin d'ouvrir à l'urbanisation une nouvelle zone d'urbanisation ou une zone naturelle.
Enfin, une fois le SCOT établi, l'Etat, la Région, le Département, certaines communes, ou encore des établissements publics peuvent s'associer sur des actions bien définies. C'est ce qu'on appelle des Contrats de Développement de Pays.
L'Etat est représenté par des services centralisés (à Paris) à travers les ministres et des services déconcentrés (Région et Département) représentés par le Préfet de Région et le Préfet du Département.
Exemple : à la Préfecture de Région Rhône-Alpes :
- Environnement : Direction Régionale de l'Environnement (DIREN)
- Culture : Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC)
- + des organismes consulaires et établissements publics ou parapublics dont
l’Office national interprofessionel des vins (ONIVINS)
l’Office National des Forêts (ONF)
A la Préfecture du Rhône :
- Environnement : aucun service
- Culture : Service départemental de l'Architecture et du patrimoine (SDAP)
- Equipement : Direction Départementale de L'Equipement (DDE)
- + des organismes consulaires et établissements publics ou parapublics dont
la Chambre Départementale d'Agriculture
la Mutualité Sociale Agricole
Les instances décentralisées (élues) au niveau régional sont :
le Conseil Régional : Président : Jean-Jack Queyranne.
Il est composé de 157 membres dont 41 élus pour le Rhône.
Il est assisté du Conseil Economique et Social de la Région
le Conseil Général : Président : Michel Mercier
Il est composé de 54 membres dont Danielle Chuzeville : Amplepuis
François Baraduc : L'Arbresle
Frédéric Miguet : Beaujeu
Bernard Fialaire : Belleville
Charles Bréchard : Le Bois d'Oingt
Elisabeth Lamure : Gleizé
Maurice Pouilly : Tarare
Michel Mercier : Thizy
Jean-Jacques Pignard : Villefranche sur Saône
Le député de notre circonscription (9ème), siégeant à l'Assemblée Nationale, représentant tout le territoire du SCOT, est Bernard Perrut.
Compte rendu associatif de décembre 2006.
12:38 Publié dans Qui, quoi, comment. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pays beaujolais, scot, acteurs du paysage
Inventaire.
Le Pays Beaujolais est très divers par ses paysages. Il regroupe des montagnes recouvertes de landes, de forêts et de pâturages, le versant Est qui constitue le vignoble et ouvre sur une immense plaine jusqu’au Jura et les Alpes, et la rive droite de la Saône, plaine alluviale et inondable.
Ce pays n’a pas été créé de toutes pièces pour les besoins d’un aménagement, mais constitue une entité historique qui remonte à l’an 1000 avec le premier sire de Beaujeu que les textes nous permettent de connaître, Bérard, qui fonde l’église de Beaujeu et réside dans son château de Pierre Aiguë à Beaujeu. Beaujeu est au centre de ses possessions, lesquelles s’étendent de la Saône au Forez.
Comprendre un pays, c’est comprendre comment il s’est fait au cours des siècles avec ses traditions, ses coutumes, son dialecte. Nous ne nous en tiendrons qu’à l’aspect du paysage et à son évolution. Le paysage beaujolais est beau, on le rapproche de celui de la Toscane, sa situation est remarquable. C’est ce que nous voulons essayer de protéger, là où c’est encore possible.
I - Le paysage viti-vinicole
C’est celui que l’on rencontre dans les :
CC des Pays du Bois d’Oingt,
CC Beaujolais-Nizerand-Morgon
CC Beaujolais-Vauxonne
CC de la région de Beaujeu
CC Beaujolais-val de Saône
CC Beaujolais-Saône-Pierres Dorées
1) Historique
Le paysage en Beaujolais a toujours évolué. Il a toujours été étroitement lié au mode d’exploitation des terres. Le Beaujolais peut être rattaché dès le Moyen Age à un type d’exploitation du sud de la France, un habitat dispersé au milieu d’une répartition équilibrée de prés pour les animaux, de cultures pour nourrir hommes et bêtes, et de forêts. L’arrivée de la vigne au Xème siècle, par l’intermédiaire des moines de Cluny, n’a que peu modifié le type d’habitat. Un homme ne pouvant cultiver qu’un hectare et demi, celui-ci est resté dispersé. La vigne ne nécessitait pas de clôture. N’étaient clos que les pâturages et les champs avec des haies vives ou mortes. La vigne au Moyen Age recouvrait un tiers des terres cultivées autour de Villefranche. Les forêts de chênes et de hêtres descendaient des crêtes assez loin dans la vallée. L’extension de la vigne s’est faite tout au long des XVIIème et XVIIIème siècles en remontant vers Beaujeu et vers Mâcon. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, la crise du phylloxera a donné un coup d’arrêt au développement de la vigne. Beaucoup de vignerons partirent travailler à Lyon. Puis de nouveaux plans porte-greffes américains permirent d’obtenir une vigne plus résistante et supprimèrent le marcottage ou le provinage qui donnaient un aspect fouillis au champ de vigne. On planta en ligne droite, parfois sur fil de fer. Les aspects de nos collines changèrent.
Il restait au milieu du XXème siècle de nombreux prés et labours. Chaque vigneron avait deux, trois vaches, un cochon, parfois des moutons, des chèvres, une basse-cour et un jardin potager. Cela nécessitait écuries, granges, fosse à purins, cour, retenues d’eau sous forme de marre ou de serve. On trouvait près de l’habitation puits, parfois four à pain, et toilettes sèches extérieures.
A l’origine, les villages, facilement accessibles, étaient des paroisses. On y allait pour la messe et tous les actes de la vie civile et religieuse. Le lavoir commun était encore en usage en 1950 à Blacé.
Cette importance de la vigne dans notre région a modelé le paysage : espace ouvert, parcelles uniquement délimitées par des charrois et parsemées d’arbres fruitiers : pêchers, cerisiers, noyers pour la consommation autarcique. Des cadolles (petites cabanes en pierres, pisé ou bois) pour entreposer les outils parsemaient les vignes. Seuls les pâturages étaient clos.
Deux types de propriétés coexistent
•La grande propriété (un héritage des fiefs concédés par les sires de Beaujeu au Moyen Age) sur laquelle travaillent des vignerons selon des contrats qui ont évolué au cours du temps. On trouve de grandes propriétés à toutes les époques, du XIème au XIXème siècle. En pays de vignoble, une grande propriété désigne un minimum de 20 hectares. Certains châteaux très anciens ont été restaurés, modifiés, reconstruits et agrémentés d’un parc clos de mur, d’autres ont été construits de toutes pièces au XIXème siècle par des Lyonnais qui, ayant fait fortune dans l’industrie à Lyon, investissaient dans le vignoble et venaient y passer leurs vacances d’été. Châteaux et belles demeures bourgeoises sont nombreux et font partie du paysage beaujolais. Ce sont en général de belles constructions, composées du château proprement dit et de bâtiments d’exploitation (cuvage, caves, logements de vignerons ci-dessus décrits) qui, par leur nombre, étonnent le visiteur.
Depuis une trentaine d’années, des châteaux et maisons bourgeoises ont été vendus sans leurs vignes à des citadins, lyonnais, parisiens ou caladois qui en ont fait soit une résidence principale, soit une résidence secondaire, les vignes étant cédées à des voisins exploitants désireux de s’agrandir. Les nouveaux propriétaires de ces belles demeures ont été les premiers « rurbains » du pays parce que coupés du mode d’exploitation de la terre qui les entourent.
Parfois, les cuvages et les caves ont été transformés pour être loués pour des manifestations. Ces propriétaires sont moteurspour le développement touristique de notre région
De grands domaines subsistent cependant (pour combien de temps ?).
•La petite propriété (un héritage des « manses » du Moyen Age) sur laquelle une famille de vignerons pouvait vivre. Avec la mécanisation, la surface nécessaire pour faire vivre une famille n’a cessé de croître. De 2,5 hectares au début du siècle, on est passé à environ dix hectares en 1985. L’extension de la monoculture et le développement des grandes surfaces commerciales ont fait abandonner vaches, moutons, chèvres, basse-cour, jardins potagers au seul profit de la vigne. L’arrivée d’un boulanger dans chaque village avait fait disparaître l’utilité du four à pain. L’arrivée de « l’eau de la ville » a entraîné l’inutilité des puits, des citernes et des lavoirs (souvent dans le village). L’habitat ancien est revu, restauré et agrandi en maison au confort moderne. L’évolution moderne tend à uniformiser l’habitat rural et l’habitat urbain. Le paysage devient « rurbain ».
Les locaux devenus sans utilité sont transformés parfois en gîtes ou chambres d’hôtes, ce qui permet une offre touristique nouvelle.
Le développement de la mécanisation entraîne la construction de hangars pour abriter un matériel de plus en plus encombrant.
Avec l’extension de la vigne au XXème siècle, pratiquement tous les prés ont été plantés en vigne, entraînant la destruction des haies ou la suppression des barrières, et générant des problèmes d’érosion. Les écuries devenues inutiles ont été converties à d’autres usages. La mécanisation du travail dans la vigne a entraîné la suppression des arbres fruitiers qui étaient dispersés çà et là. Notre paysage se compose aujourd’hui de collines nues vouées à la monoculture où pas une mauvaise herbe ne pousse. Paysage sinistré ?
Une nouvelle donne et un remède : la création de caves coopératives. Depuis 1960, se sont créées des caves coopératives (actuellement, il y en a 19) regroupant les petits et moyens producteurs et assurant la commercialisation des vins. Elles peuvent avoir un rôle moteur dans le développement de la qualité du vin et par là même dans la transformation du paysage. Le souci d’une agriculture respectueuse de l’environnement peut aider à renforcer la qualité du paysage.
Mais le viticulteur qui n’a besoin que d’un hangar pour entreposer son matériel devient lui aussi un « rurbain ». Sa femme travaille souvent ailleurs, à Villefranche par exemple.
La crise viticole actuelle ruine l’espoir de vivre de la culture de la vigne.
La tentation est grande de faire de l’argent avec l’immobilier. Un viticulteur peut se faire construire un logement et ensuite le louer ou le vendre. Beaucoup de cuvages et de caves tombent en désuétude. Ils peuvent être transformés en hangars pour le matériel agricole ou convertis et vendus à des particuliers. Le viticulteur contribue alors au mitage du paysage beaujolais.
L’arrachage de parcelles de vignes effectué avec l’aide de la Communauté Européenne, libère des terres, ce qui modifie le paysage, de même que l’arrachage d’un rang sur 9, un rang sur 6, ou un rang sur 4.
2) L’arrivée de la modernité sur nos terres
•L’arrivée de l’électricité et du téléphone distribués sans réflexion à un habitat dispersé a enlaidi l’espace rural. Certains villages commencent à enterrer leurs lignes. Le déploiement dans les villages d’un éclairage hors de proportion avec ce qu’il y a à éclairer donne la mesure du peu d’attention que les élus portent aux problèmes d’économie d’énergie.
•la transformation des techniques du bâtiment. Autrefois le maçon construisait avec la pierre qu’il trouvait sur place ou dans la carrière la plus proche, et des mortiers de chaux, sans plan, sans fil à plomb, selon son savoir-faire. Les constructions actuelles sont faites sur plans et avec des instruments de mesure précis, en moellons de béton ou béton armé et ciment. Les lignes sont rigoureuses et rectilignes. Quand on recouvre cela d’enduits ou de pierre de pays, cela fait pastiche. Les nouveaux matériaux demanderaient un nouvel art de bâtir.
•L’évolution du mode de vie des viticulteurs (le terme de vigneron a été remplacé par celui de viticulteur) se met à ressembler à celui des citadins. Le mouvement semble irréversible. Nous avons déjà vu que le vigneron avait abandonné, dès 1960, animaux et jardins potagers. L’utilisation de la voiture, l’arrivée d’internet, la terre agricole considérée seulement comme outil de travail, la mécanisation du travail, le nouveau travail de prospection commerciale qui lui est demandé, tout concourt à couper le travailleur de la vigne de sa terre et à en faire un « rurbain ».
•Afin de répondre à la demande de logement des travailleurs en zone urbaine (Mâcon, Belleville, Saint Georges de Reneins, Villefranche, Lyon), la réponse fut le zonage d’une terre agricole découpée en petites parcelles régulières et viabilisées pour être construites (technique du lotissement). Ce zonage s’inscrit tout à fait légalement dans les PLU de chaque commune. C’est une manière de parachuter un bâti médiocre (au moindre coût) sans lien avec l’espace alentour, chaque maison étant close par une haie végétale (souvent des thuyas) ou un mur construit à l’image de la maison. C’est aussi une manière de rompre radicalement avec le paysage façonné pendant des siècles par le mode de production agricole.
3) les défis à relever
-Le Beaujolais viticole, un pays fragile
Le paysage du Pays Beaujolais est particulièrement fragilisé pour de nombreuses raisons qui font aussi sa particularité :
•la coutume d’un habitat ancien dispersé
•des collines aux multiples points de vue
•une monoculture qui le livre aux vicissitudes de la vente du vin :
-aux traitements phytosanitaires
-à l’érosion
-aux risques de pollution de l’eau
•la proximité de la grande métropole lyonnaise et les facilités d’accès par le train et l’autoroute A6
•le développement des zones industrielles de la vallée de la Saône de Mâcon à Lyon
•la demande très forte de logements dans le secteur sous la forme « maison avec jardin »
•la possibilité d’un développement en tache d’huile de l’urbanisation à partir de la vallée de la Saône, ce qui a déjà commencé. (Belleville, Gleizé)
-Les deux écueils à éviter absolument sont :
•Le mitage : la coupure entre maisons d’habitation et terres agricoles a commencé depuis une cinquantaine d’années. Un premier mitage a donc eu lieu par un découpage entre habitations et cultures et cette coupure ne cesse de s’accentuer par les évolutions du mode de vie. Un second mitage a maintenant lieu avec la construction de lotissements pour des personnes travaillant dans les agglomérations urbaines. Celui-là risque d’être fatal à notre région.
Actuellement certaines règles contribuent au mitage : par exemple la règle qui permet de construire là où c’est construit. Or nous sommes dans une région « d’habitat dispersé ». Les PLU doivent se contraindre à des zones très ciblées près du village.
La règle qui permet à un viticulteur de se faire construire une maison, ou un gîte, ou même un hangar puis, au bout de trois ans de les vendre comme maison d’habitation est une manière de contourner la règle et de renforcer le mitage. Pourquoi le viticulteur peut-il déroger à la règle commune ?
Le mitage peut être renforcé simplement par le fait que le cadre communal est tout à fait inadapté au projet d’aménagement du pays. En Beaujolais, nous avons affaire à un habitat dispersé avec des villages proches les uns des autres. Le développement en tache d’huile de chaque village peut entraîner à long terme une urbanisation en continu. Dans certains secteurs, c’est ce qui se passe : par exemple sur les communes de Saint-Julien, Blacé et Salles-Arbuissonnas, de lieux-dits en bourgs, des petites maisons se construisent sans discontinuité, du Déau au bourg de Blacé, en passant par les Fortières, Pravins, la Fléchère, La Combe, le Rontay, jusqu’à Blaceret, etc…
Les zones artisanales doivent relever d’un plan d’ensemble de la CC. Si chaque PLU a une ZA (Zone d’Activités), sans s’accorder avec la ZA de la commune voisine, cela contribue aussi au mitage.
•l’extension des lotissements en zone rurale.
Ex : sur la commune de Montmelas, la colline a été défigurée par l’implantation d’un lotissement. Elle a perdu le caractère sauvage qu’elle avait su garder jusqu’en 1980.
Le mot « lotissement » va à l’encontre de l’espace rural. C’est un espace urbain qui vient comme une verrue dans l’espace rural, le village faisant, lui, partie de l’espace rural. Le lotissement lui donne une dimension de ville et peut générer par sa multiplication une zone de banlieue.
Toute entreprise avant de construire un immeuble, des bureaux, établit un programme. Pour qui ? Pour quoi ? Comment ? Actuellement, le travail du promoteur et des aménageurs est insuffisant quand un lotissement est en projet. Cela ne peut se réduire à faire les assainissements et les conduites techniques sur un terrain vierge. On doit étudier pour qui ces logements sont destinés, quels en seront les moyens d’accès : en voiture, à pied, à vélo, quel sera le surcroît de passage sur les routes existantes, quels seront les commerces de proximité accessibles sans prendre une voiture, s’ils répondent aux modes d’économie d’énergie et de développement durable, s’ils s’intègrent au paysage proche et lointain, s’ils s’intègrent à l’environnement immédiat et comment ils seront gérés en favorisant le « le chacun pour soi » ou en favorisant la mise en commun d’espaces (par ex plantations, salles de réunions, salles de rangement des outils, tondeuses, bicyclettes, poussettes) et de règles (pour les clôtures, la gestion des déchets, la récupération des eaux pluviales, etc.). L’établissement d’un cahier des charges devrait être dressé pour chaque opération de lotissement en fonction de sa situation précise.
Ensuite une recherche architecturale, liée aux économies d’énergie, qui économise des terrains et réponde aux désirs profonds des gens (création de jardins familiaux par ex.) devrait être mise en œuvre. Un autre concept que le mot lotissement est à inventer.
Sur ces questions, on constate une démission des élus face aux techniciens-aménageurs.
Mais surtout, l’absence d’une vue à long terme est inquiétante. Peut-on nous dire quand s’arrêtera par exemple le lotissement de Salles-Arbuissonnas ? Le paysage va-t-il se figer après la dernière opération de lotissement. Quand les Zones à urbaniser dans chaque PLU seront remplies, que va-t-il se passer ?
-Saisir la balle au bond dès aujourd’hui
Profiter de la synergie de la politique de développement durable et de la crise viticole pour :
•Trouver les moyens de maîtriser les surfaces libérées par l‘arrachage des vignes. Il est indispensable de connaître la manière dont ces espaces libérés vont être traités. 3,5 hectares sont arrachés sur la colline de Montjoly (Blacé) face au village de Salles. Comment cet espace va-t-il être traité ? Des aides aux propriétaires sous forme de conseils et subventions devraient être accordées pour planter des arbres, haies, etc…
•Sensibiliser aux ravages de l’érosion par les eaux de ruissellement et aux ravages des traitements sur la biodiversité afin d’entraîner la plantation de haies vives, la mise en place d’un programme de semis de fleurs dans les inter rangs afin d’économiser un, voire deux traitements, etc. Les pouvoirs publics devraient intervenir plus efficacement par des aides de la Chambre d’Agriculture et d’autres instances territoriales ou gouvernementales. Actuellement, le viticulteur qui veut essayer de changer ses manières de cultiver doit payer lui-même sa formation.
•Contrôler très strictement toute promotion immobilière par un cahier des charges exigeant. Le travail essentiel doit se faire en amont de toute opération (matériaux économes d’énergie, espaces communs et salles de réunions pour rompre avec l’individualisme forcé, gestion commune, etc
•donner aux viticulteurs la possibilité d’être les gardiens du paysage, « les jardiniers du paysage ». Une aide et une formation devraient être mises en place dans ce but. Cela leur donnerait un complément de revenus et les intégrerait au développement touristique de la région.
II- Le paysage de la vallée de la Saône
Champs de blé, plantes fourragères et pâturages, en contrebas du pays viticole
C’est celui que l’on rencontre dans les :
CC de l’agglomération de Villefranche
CC de Beaujolais-Vauxonne
CC de Beaujolais-Val de Saône
Les rivières descendent des monts pour se jeter dans la Saône, les routes descendent des monts pour rejoindre l’ex Nationale 6, l’autoroute A6, les gares de Belleville & Saint-Georges et l’agglomération de Villefranche. Cette vallée, ancienne voie de passage du temps des Romains, qui reliait Lugdunum à la Bourgogne, est devenue un axe de communication de plus en plus important au cours des siècles. Aujourd’hui il relie le nord au sud de l’Europe.
L’urbanisation gagne les flancs des collines quand on sort de la nationale pour remonter vers Odenas, Beaujeu ou Saint Etienne des Oullières. Quelle peut être la force qui arrêtera cette urbanisation médiocre et envahissante ? Les terrains plats s’y prêtent. Les revenus de la terre sont maigres. Les communes veulent de nouveaux habitants pour faire rentrer de l’argent.
La menace est l’urbanisation à outrance de cette plaine de la Saône qui peut se développer en tache d’huile du côté de la plaine et du vignoble beaujolais. Seules des mesures autoritaires et la sortie rapide du SCOT Beaujolais peuvent encore permettre d’éviter le pire.
On est à une étape charnière : soit on laisse faire le développement industriel de cette vallée de la Saône avec ses prolongements dans le vignoble par un bâti urbain qui ruinera à jamais la beauté du pays et le tourisme, soit on saisit la dernière chance de décider de l’avenir de la région en prenant les moyens de maîtriser cette évolution imposée.
III- Le paysage des monts du Beaujolais
C’est celui que l’on rencontre dans les CC du Pays de Tarare
du Pays d’Amplepuis-Thizy
de la Haute Vallée d’Azergues
du Haut Beaujolais
à l’étude
Conclusion
Les paysages du Beaujolais viticole et de la vallée de la Saône sont les plus exposés au changement et à la « banlieurisation ». Ni les protections institutionnelles inscrites dans le Code de l’Environnement (en particulier les ZPPAUP), ni les sites protégés au niveau européen (le Réseau Natura 2000) ou au niveau départemental (espaces naturels sensibles), ou encore au niveau national (Monuments Historiques, ou l’Inventaire Supplémentaire, ou Label du Patrimoine) ne sont suffisants pour protéger l’ensemble d’un paysage contre la montée de l’urbanisme sauvage (au coup par coup). L’attrait touristique de notre région risque de s’effriter rapidement. Or le tourisme est un des principaux potentiels économiques. Le Beaujolais (Pays et vin) pourrait être le grand perdant du développement de la vallée de la Saône, entre Anse et Mâcon
La loi de 1976 a complété la loi de 1930 qui avait introduit les notions de monument naturel et de site protégé, en créant des Zones d’Environnement Protégé (ZEP). 7 parcs nationaux, 45 parcs régionaux et 151 réserves naturelles furent créés. « Délimiter des zones de protection à l’intérieur desquelles on aménage le moins possible et l’on dépense des fonds publics pour l’entretenir (…) c’est admettre implicitement qu’ailleurs tout est permis ou tout au moins que les processus de transformation sont trop avancés pour qu’un contrôle puisse s’exercer (...).Il serait malsain de prolonger trop longtemps cette politique ségrégationniste du paysage qui attire les touristes nostalgiques dans les espaces-musées, et les investissements productifs dans les autres au mépris de toute considération esthétique. » écrit Jean-Robert Pitte (Histoire du paysage français, 1983). Il est manifestement trop tard et inapproprié de protéger le Pays Beaujolais par le biais de la création d’un parc. Par contre, la loi d’Orientation pour l’Aménagement et le Développement Durable du 25 juin 1999 a permis l’émergence du Pays Beaujolais et la constitution d’un Syndicat Mixte pour élaborer un SCOT. Cette nouvelle identité devrait permettre de créer les structures aptes à projeter et à assurer un développement harmonieux pour notre paysage.
Les priorités affirmées, les objectifs définis devraient permettre d’élaborer les moyens nécessaires au contrôle paysager du développement de la région. La réflexion est en cours, il y a maintenant urgence à prendre des décisions de protection.
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