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13/02/2009

Tourisme en Beaujolais.

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Etat des lieux par  Mme Joëlle Dubois, direcrice de "Destination Beaujolais".

 

Joëlle Dubois, directrice de « Destination Beaujolais » a bien voulu venir nous présenter la politique touristique actuelle en Beaujolais et nous l’en remercions. Il est en effet difficile pour nous, habitants du Beaujolais, de nous repérer devant la multitude des instances existantes et de réfléchir en connaissance de causes à l’impact touristique de notre pays.

 

• Qu’est ce que “Destination Beaujolais”?

« Destination Beaujolais » est une association loi 1901, créée en 1992 pour développer le tourisme en mettant de la cohésion dans la politique touristique du Beaujolais et faire en sorte que les 12 Offices de Tourisme (OT) et Syndicats d’Initiative (SI) travaillent ensemble et s’articulent avec l’action du Comité Départemental du Tourisme (CDT). “Destination Beaujolais” ne coiffe en aucune façon les OT-SI. Il s’agit seulement d’une structure fédératrice.

 

Le président est Bernard Aimo, maire de Marcy-sur-Anse (CC de Beaujolais-Saône-Pierres Dorées). 5 permanents y travaillent dont Joëlle Dubois, directrice.

Les bureaux sont à Villefranche au-dessus de l’Office de Tourisme de Villefranche. Ils ne sont pas ouverts au public car la mission de DB n’est pas de chapeauter les OT-SI mais d’en être un maillon fédérateur, unificateur. Il est aussi un partenaire du Comité Départemental du Tourisme (voir infra) en tant que représentant le Beaujolais

 

Siègent à « Destination Beaujolais » :

            •Les 12 offices de tourisme et syndicats d’initiative  (les OTSI)

                                   la Maison du Tourisme de Haute Azergues (Lamure sur Azergues)

                                   l’Office de Tourisme du Beaujolais des Pierres Dorées (Anse)

                                   l’Office de Tourisme des Monts de Tarare           (Tarare)

                                   l’Office de Tourisme de Villefranche/Saône

                                   l’Office de Tourisme de Beaujeu et sa région (Beaujeu)

                                   l’Office de Tourisme Beaujolais-Val de Saône (Belleville)

                                   l’Office de Tourisme du Pays d’Amplepuis-Thizy et du Lac des Sapins

                                               (sur le site du Lac des Sapins)

                                   + antenne de Cours-la-Ville

                                   + antenne de Thizy

                                   le Syndicat d’Initiative du Haut Beaujolais (Maison du Col de Crie à Monsols)

                                   l’Office de Tourisme de L’Arbresle (L’Arbresle)

                                   le Syndicat d’Initiative de Crèches sur Saône

(à noter que 2 Communautés de Communes : la CC Maconnais-Beaujolais (SI de Crèches sur Saône) et la CC du Pays de L’Arbresle (OT de L’Arbresle) ne font pas partie du Pays Beaujolais au sens du SCOT  et que La CC Maconnais-Beaujolais est en Saône et Loire)

 

            •le Comité Départemental du Tourisme du Rhône (voir infra)

            •les Communautés de Communes

            •le Conseil Régional Rhône-Alpes

            •le Conseil Général du Rhône

            •la Chambre de Commerce et d’industrie de Villefranche

            •la Chambre d’Agriculture

            •les Chambres de Métiers de Lyon

            •les organisations professionnelles :

                                   l’Interprofession des Vins du Beaujolais

                                   le Syndicat des Hôteliers-Restaurateurs

                                   le Syndicat National des Agences de Voyage

            •des acteurs touristiques : Billebaudez en Beaujolais

                                               Ballades en terroir gourmand

                                               Accueil en Pays Beaujolais, etc.

 

Le financement de Destination Beaujolais : Le budget est financé pour :

                                               29%: les Communautés de Communes (les CC)

                                               32%: le Conseil Régional et le Département                                                                                                                                          14%:L’interprofession des Vins du Beaujolais

                                               1%: les Chambres Consulaires

                                               24% financement privé

           

• Comment est organisée l’activité touristique en France?

Un Secrétariat d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services est rattaché au Ministère de l’Economie et des Finances. Une seule Direction regroupe, depuis avril 2008, tous ces secteurs sous le nom de “Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Servives” (la DGCIS). Un Conseil National du Tourisme et des Délégations Régionales du Tourisme (DRT) sont chargés d’élaborer et de faire appliquer la politique touristique de l’Etat.

 

Parallèlement, le secrétariat d’Etat travaille avec des organismes associés :

                 1) à l’échelon national : la Maison de la France (structure de GIE), créée en 1987, chargée de promouvoir la France à l’étranger. Elle a des antennes  dans de nombreux pays : ex. la Maison de la France en Italie.

                 2) à l’échelon régional : le Comité Régional du Tourisme (CRT), créé en 1993 et financé par le Conseil Régional. Pour Rhône-Alpes : 50 personnes travaillent à Charbonnières. Il travaille avec l’échelon régional des pays étrangers. Il fait des opérations de promotion, des  salons, des conférences de presse. Il a aussi une mission d’ingénierie touristique, confiée à la MITRA (Mission d’Ingénierie Touristique de la Région Rhône-Alpes). Ces Comités régionaux sont réunis en  Fédération Nationale des Comités Régionaux du Tourisme (FNCRT).

                 3) à l’échelon départemental : le Comité départemental du Tourisme (CDT) financé par le Conseil Général. 18 personnes y travaillent. Tous les Comités Départementaux sont réunis en une Fédération nationale des comités Départementaux du Tourisme (FNCDT). Le Président et la directrice de “Destination Beaujolais” sont membres du Conseil d’Administration du CDT du Rhône. Le CDT travaille avec l’instance locale lui correspondant en pays étranger.

Tous ces organismes travaillent dans une logique géographique avec leurs correspondants étrangers, correspondant au même territoire. “Destination Beaujolais” et les OT-SI représentent donc l’échelon local

 

Etude entreprise par « Destination Beaujolais » en 2007

Cette étude sur le tourisme en Beaujolais (en collaboration avec le cabinet AGC) a conduit à l’élaboration d’un Schéma de Développement Touristique du Territoire Beaujolais pour la période 2007-2012 ( http://www.destination-beaujolais.com/page.php?page=DT122...).

 

A partir d’un diagnostic sur les potentiels touristiques du territoire beaujolais, il est proposé de diviser le pays en 4 pôles touristiques :

 

1) Les Pierres Dorées :            CC Beaujolais-Nizerand-Morgon

                                   CC des Pays du Bois d’Oingt

                                   CC Beaujolais-Saône-Pierres Dorées

                                   CC Beaujolais-Val d’Azergues

                                   CC Monts d’or-Azergues

                                   CC du Pays de l’Arbresle (fait partie de l’Ouset Lyonnais)

 

2) Villefranche et son agglomération :

                                   CAVIL : Villefranche-Gleizé-Arnas-Limas

 

3) Le Beaujolais Vert  CC du Pays de Tarare

                                   CC du Pays d’Amplepuis-Thizy

                                   CC de la Haute Vallée d’Azergues

                                   CC du Haut Beaujolais

 

4) Le Pôle vignoble     CC  de la Région de Beaujeu

                                   CC Maconnais-Beaujolais (en Saône et Loire)

                                   CC Beaujolais-Val de Saône

                                   CC Beaujolais-Vauxonne

(Rappelons les 10 crus : Brouilly, Chenas, Chiroubles, Côtes de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Moulin-à-Vent, Morgon, Régnié, Saint-Amour + les mâconnais blancs, Saint-Véran + les Beaujolais-Villages+ le Beaujolais)

 

A partir de ce découpage, une politique de restructuration peut être mise en oeuvre. Le schéma définit une série d’objectifs précis à atteindre dans chaque pôle, et des actions à mener concrètement. Ce travail est réalisé en lien avec le Comité de Développement  du Beaujolais et celui des Monts du Beaujolais (dans le cadre de la mise en oeuvre du Contrat de Développement Région Rhône-Alpes (les CDRA) du pays beaujolais) et le plus souvent sous la coordination de “Destination Beaujolais”.


                       

Réflexions  de “Paysages Beaujolais” sur le tourisme en Beaujolais: dysfonctionnement et gaspillage.

 

Une constatation : pour nos gouvernants, le tourisme fait partie du développement économique de la France. C’est un des secteurs de l’économie au même titre que le développement des PME ou des services.

Or sur le terrain, il y a une antinomie entre développement économique et développement touristique. Le développement économique d’une région peut conduire à la ruine de son développement touristique. Il y a là un travail de réflexion à faire. La concentration ou la dispersion de zones d’activités, la multiplication de lotissements peuvent défigurer un pays et supprimer tout son attrait touristique.

 

Qu’est-ce qu’un touriste ? L’habitant de Beaujeu peut être touriste à Cours-La Ville, nombre d’OT ou de SI répondent à une demande locale. C’est un aspect important du tourisme en Beaujolais. Si un touriste étranger veut visiter notre pays, il n’attendra pas la même offre. Il voudra une réponse au niveau de l’ensemble du Beaujolais, de la même manière que, nous, nous allons visiter la Toscane ou le Sussex. Le touriste qui vient d’une contrée lointaine et qui veut visiter notre pays doit avoir un lieu central (à Lyon ou Villefranche) où il obtiendra toutes les informations culturelles, vinicoles, culturelles et/ou hôtelières pour son séjour ainsi que des propositions d’excursions ou voyages organisés autour de thèmes s’il le désire. La réponse touristique doit être adaptée selon le type de touriste que nous voulons recevoir. Le seul dénominateur commun à tous les types de touristes est celui-ci : faire connaître notre pays. Et il y a mille façon de l’aborder. Encore faut-il le connaître nous-mêmes... et il y a mille façons de le connaître. L’offre sera d’autant plus étendue et intéressante que la connaissance du pays de notre part sera complexe et approfondie. Le touriste qui vient ne sait pas ce qu’il vient voir. Il désire “découvrir”. Il faut donc lui faire “découvrir” des sites, des lieux, chargés de sens et d’histoire, des vins de renommée mondiale, des restaurants étoilés « Michelin », un mode de vie rurale à la française, un paysage viticole spécifique et les produits du terroir dont il faut être fier pour faire honneur à nos hôtes.

L’avalanche de documentations, qui plus est souvent approximative, incomplète et inintéressante, n’est pas une réponse à une telle demande. Une réflexion devrait être menée sur le sujet.

 

Qui sont les décideurs du tourisme ? Les décideurs sont en majorité des élus. Les élus locaux sont majoritaires. Ils financent les OT SI. Il s’agit d’un tourisme à l’échelle locale. Pour payer, il leur faut des rentrées d’argent, ce qui les conduit dans le sens inverse de la préservation touristique de leur commune ou de leur CC. Il y a là une contradiction interne qui nuit au développement du tourisme.

D’autre part comment les élus locaux peuvent-ils avoir une idée d’une demande touristique étrangère qui dépasse largement leur CC. Et pourquoi financeraient-ils ce type de tourisme qui n’aura pas de retombées économiques spécifiques sur leur propre CC. Par exemple, pourquoi la CC Beaujolais-Vauxonne s’occuperait seule du musée Claude Bernard, alors que la renommée de Claude Bernard dépasse largement les limites de la France ? De même pourquoi s’occuperait-elle du chapitre, de l’église et du cloître de Salles alors qu’il s’agit d’un bâtiment fondateur du Beaujolais viticole, une des premières manifestations de l’art roman et un des rares exemples de chapître conservé en France ? C’est pour la même raison que les OTSI n’ont pas d’informations sur  Ars, le parc des oiseaux ou le château St Bernard, situés sur le département limitrophe de l’Ain. Etc.

Il y a un décalage entre le territoire du décideur (payeur) et l’envergure d’un patrimoine à faire connaître.

 

Les moyens (personnels et financements)

Comme les financeurs ne sont pas les bons, les moyens mis en œuvre pour le développement de ce type de tourisme  ne sont pas suffisants. Ce n’est pas aux CC de le financer car il dépasse leur rayon d’action. Et comme les objectifs ne sont pas clairement définis et que la confusion règne entre ces deux types de tourisme, il en résulte un gaspillage au niveau des OTSI. Une multiplicité de plaquettes peu lisibles et voulant couvrir des informations tout azimut ne servent pas un véritable tourisme en Beaujolais. Seul, le tourisme vert de proximité tire son épingle du jeu.