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08/04/2008

La notion de paysage.

Nous avons demandé à Bastien Exbrayat, paysagiste, originaire du Beaujolais, de venir nous définir la notion de « paysage ». Il nous a semblé que Bastien Exbrayat était tout à fait à même de nous faire comprendre cette notion complexe et fuyante qu’est « le paysage », venant de terminer brillamment l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, s’intéressant particulièrement à la notion du paysage d’un territoire, et ayant travaillé au cours de ses études avec de grands paysagistes tels que Gilles Clément, Frédéric Rossano, Noël Van Dooren, ou John Lonsdale. D’autre part, en tant qu’enfant du pays, il a bien voulu avec sa sensibilité venir nous apporter ses connaissances, participer à notre discussion, tout cela pour notre plus grand intérêt et gracieusement.  Il a en particulier tenu compte des objectifs de notre association et est intervenu de façon à ce que nous puissions rendre notre action la plus efficace possible. Nous l’en remercions vivement.

Intervention de Bastien Exbrayat 

A) La notion de paysages peut se décliner de différentes façons :

Le paysage peut être une représentation, ainsi les paysages dans la peinture italienne au XVIème siècle. Le paysage, en fond, est encadré par les bords de la fenêtre. C’est la première fois que la notion de paysage apparaît. L’homme, le peintre et ceux qui regardent le tableau se situent à l’extérieur du « paysage ».

Le paysage peut être une globalité, un territoire fabriqué, vécu et modelé par l’homme. L’homme en fait partie. Il est dedans.

Le terme paysage peut correspondre à un système environnemental où l’homme n’intervient pas.  Il s’agit d’une nature primaire et environnementale où l’eau, l’air, le sol sont des données constituantes de l’environnement. L’exemple le plus extrême est le Sahara.

Le  paysage peut être entendu comme une expérience personnelle, un sentiment. Il donne des sensations. Il est éphémère. Chacun d’entre nous a sa propre sensation du paysage.

Le paysage peut correspondre à un site, un projet. On agit dessus, on le transforme. On l’aménage.

B) A propos de la perception esthétique du paysage

Il est difficile d’argumenter  sur la beauté ou la laideur d’un paysage. Un tel trouvera beau ce que son voisin trouvera laid. Cela parce qu’il s’agit d’une interaction entre la personne et l’espace dans lequel elle se trouve.

1) Le corps reçoit des stimuli de l’espace, composé de ses différents éléments air-eau-terre, qui donne des sensations sur lesquelles viennent interférer la culture personnelle de l’individu et la culture de la société dans laquelle il vit.

Cela  donne des perceptions qui entraînent des sensations pas forcément explicites et une interprétation. Chacun a un sens de l’esthétisme différent.

2) Ces sensations et perceptions permettent de comprendre le paysage pour agir dessus par des intentions et des projets. On crée à nouveau un nouvel espace. C’est  la transformation de  l’espace au cours de l’histoire. L’homme et l’espace interfèrent pour forger le paysage. Le paysage ne peut pas être figé.

C) les niveaux d’action

On peut distinguer deux niveaux d’action qui correspondent à deux perceptions du paysage :

le paysage politique : celui des cartes,  celui qui fait l’objet de projets, indispensables pour agir. Les acteurs sont dans des bureaux lointains, Etat, Région,Département, Commune. Ils font appel à des bureaux d’études qui recrutent des personnes qui viennent d’ailleurs.

le paysage vernaculaire : il est marginal, ce sont les gens qui vivent sur le territoire qui ont des habitudes, qui se réveillent tous les matins dans ce paysage.        L’association « Paysages Beaujolais » s’inscrit dans ce cadre et a un rôle très important à jouer.

De même les maires des communes. Il faut réfléchir à l’accueil des nouveaux habitants : journées à thème, marche, etc… Les municipalités doivent penser la manière de faire vivre ensemble les habitants, quel type d’habitat, quels transports, faire le choix d’assurer la maîtrise d’ouvrage, etc..

D) Commentaire autour de photos prises par les uns et les autres

Bastien Exbrayat a souligné différents termes appropriés pour commenter une photo :

repère par rapport à une colline

disposition par rapport aux orientations du soleil

le suivi d’une courbe de colline, etc…