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02/06/2011

LE SYDER SOI-DISANT UN MODELE, EN FAIT, UN APPAUVRISSEMENT GÉNÉRAL !

LE PROJET DE SCHEMA DEPARTEMENTAL DE COOPERATION INTERCOMMUNALE DU RHÔNE prévoit de renforcer l'intercommunalité « de service » et d’équipement -

Un exemple sidérant : LE SYDER (SYndicats Départemental d’Electricité du Rhône)

La nuit, si nous, habitants du Beaujolais, regardons la vallée de la Saône...


La nuit, si nous, habitants du Beaujolais, regardons la vallée de la Saône, nous avons l’impression d’une grande ville à nos pieds. De même si nous regardons les coteaux, les éclairages les envahissent en continu. La délimitation entre ville et campagne devient de moins en moins perceptible. Or "Paysages Beaujolais" se bat pour que le Beaujolais ait sa propre identité et ne devienne pas la banlieue de Villefranche.

Qui donc s’occupe des éclairages dans la campagne beaujolaise ?

Le citoyen lambda répondra : les communes, les maires.

Beaucoup de communes éclairent leur bourg à profusion et mettent des lampadaires à distance rapprochée le long des routes, très loin de leur centre, rejoignant ainsi  les lampadaires disposés de même du village voisin. On se demande pourquoi les communes mettent tant de lumières éblouissantes (par exemple une forêt de lampadaires pour éclairer un terrain de boules…), alors que la modernisation et la mise en souterrain des réseaux permettraient justement d’en limiter le nombre, l’intensité lumineuse, de les disposer autrement, de faire des économies et d’aboutir à une amélioration visuelle la nuit.

De même les communes cherchent à valoriser leur patrimoine. Or le résultat est parfois l’inverse de l’effet escompté. Un nombre impressionnant de projecteurs défigurent nuit et jour le bâtiment que l’on cherchait à mettre en valeur.

"Paysages Beaujolais" s’est posé le problème de l’éclairage public dans les communes du Beaujolais et a interrogé des élus. Réponse en chœur : « c’est le SYDER ».

"Paysages Beaujolais" a donc contacté le SYDER pour qu’il vienne expliquer qui il est et comment il travaille avec les communes. Charles Bréchard, le président, qui est aussi vice-président du Conseil Général, maire de Chamelet et vice-président de la CC du Bois d’Oingt, a répondu qu’il était trop occupé pour se déplacer, mais a envoyé quelques numéros du magazine Rhône-Réseaux et les deux rapports d’activités 2008 et 2009. C’est donc à partir de ces documents que « Paysages Beaujolais » essaie ici de présenter le SYDER.

 Le SYDER

Historique

En 1950 le SYDER est créé, à l’initiative du SIGERLY (Syndicat Intercommunal du Gaz et de l’Électricité de la Région LYonnaise) et du Conseil Général, pour améliorer le réseau de distribution électrique tout en allégeant les charges financières des communes. Auparavant, la loi du 8 avril 1946 avait nationalisé les 1450 entreprises françaises de production, de transport et de distribution d’électricité et de gaz et donnait naissance à EDF.

 Fonctionnement

Il s’agit d’un syndicat auquel une commune peut adhérer pour se décharger des problèmes d’électricité, et le cas échéant de gaz, sur sa commune. Actuellement 235 communes du Rhône /301 adhèrent au SYDER.

Le SYDER est géré par un Comité exécutif composé d’élus de toutes les communes, lequel nomme un président et 8 vice-présidents, les membres d’un Bureau exécutif et les membres de différentes commissions. En outre 9 commissions locales jouent le rôle d’observatoire local, dont une partie constitue le Bureau syndical avec des membres du Bureau exécutif.

Des services généraux assurent le fonctionnement administratif du SYDER (secrétariat de direction, comptabilité, finances, gestion des marchés etc.) Des services administratifs et techniques permettent d’assurer la maîtrise d’ouvrage ou la maîtrise d’œuvre selon les chantiers. Un responsable technique (Hervé Kerneis) chapeaute 5 techniciens (1 par secteur géographique) et 4 administratifs.

Pour le Beaujolais, les assistants techniques et administratifs sont Frédéric Molitor, Stéphane le Louet, Christine Morteau-Moulis, Sylvie Gandin...

 Missions

•En matière d’électricité et de gaz, le SYDER en octroie la distribution à des concessionnaires : ERDF et GrDF, qu’il surveille à travers un contrat de concession. Mais s’il faut améliorer ou moderniser les réseaux, c’est le SYDER qui s’en occupe.

Il peut aussi s’occuper directement de l’éclairage public (rues de village, sorties d’école, terrains de sport, gares, marchés, carrefours, maisons associatives, églises,  patrimoine bâti, etc...) quand la commune lui a transféré cette compétence. Il en a alors la maîtrise d’ouvrage. Ensuite il assure la maintenance de ces équipements. Mais il peut très bien n’être que maître d’œuvre.

•Enfin, il doit contribuer à la maîtrise d’énergie et au développement des énergies renouvelables, chaufferies bois, photovoltaïque.

Il s’agit donc d’une véritable administration qui se finance en partie par des recettes propres (redevances de concession, etc.), en partie par des taxes (la taxe sur l'électricité), en partie par des emprunts à travers leFACÉ (Fond d’Amortissement des Charges d’Electrification) etc.

 Point de vue de  "Paysages Beaujolais"

Notre questionnement ne peut trouver de réponse dans la simple description de l’organisation du SYDER et du bilan de l’entreprise. Rhône-Réseaux est une publication annuelle du SYDER où aucune problématique n’est soulevée. Le SYDER est une sorte d’extension de la commune en matière d’électricité, qui la décharge de cette mission de service public. En outre, si la commune délègue la maîtrise d’ouvrage en matière d’éclairage public au SYDER, elle n’a plus grand chose à dire si ce n’est à payer ce qu’on lui dit de payer (une quote-part du financement total, le reste relevant d’un montage financier fait par le SYDER). La maîtrise d’ouvrage, en principe, fait un programme aussi précis que possible en fonction des besoins, du coût des investissements et du coût de gestion des équipements dans le futur, puis commande les travaux à un maître d’œuvre pour leur réalisation avec appel d’offre. Or le SYDER en matière d’éclairage public peut cumuler les deux fonctions, ce qui supprime tout dialogue entre le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre et tout contrôle du maître d’ouvrage sur le maître d’œuvre. La commune qui devrait avoir la maîtrise d’ouvrage s’est dépossédée de cette compétence  et a donné les pleins pouvoirs au SYDER pour agir à sa place.

Que se passe-t-il en réalité ?

La maîtrise d’ouvrage pour des raisons d’économie est escamotée au profit de la seule maîtrise d’œuvre. La partie en amont du projet ne bénéficie pas des études suffisantes pour mettre sur pied un projet cohérent avec des allers-retours. Pour mettre sur pied un programme, le SYDER fait appel directement aux bureaux d’études des fabricants et distributeurs de matériel électrique, lesquels, par ailleurs, peuvent avoir des conditions très avantageuses d’achats groupés.

Cette confiscation de la maîtrise d’ouvrage par le SYDER (avec l’assentiment de la commune) et cette minoration du rôle de la maîtrise d’ouvrage entrainent :

sur le plan démocratique un appauvrissement,

sur le plan économique, un gaspillage aux conséquences graves,

sur le plan esthétique, environnemental et paysager, l’absence totale d’un « regard » :

où sont les hommes de l’art ? Nulle part ! Le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement) est-il consulté par le SYDER ? Non. Pourtant l’éclairage des communes et de ses monuments devrait entrer dans le champ d’intervention des CAUE,

sur le plan du développement durable, une contradiction entre les conditions de mise en place des investissements consacrés à l’éclairage public et les objectifs de maîtrise d’énergie claironnés.

 Et ce n’est pas fini ! Le projet de schéma départemental de coopération intercommunale du Rhône prévoit de fusionner le SIGERLY et le SYDER pour créer une  « unique autorité organisatrice de la distribution publique d’électricité » pour tout le département du Rhône.

Cette réforme de l’intercommunalité dont le but est de regrouper des services et donc de faire des économies risque d’engendrer en fait monopoles, gaspillages, uniformité et mise à sac des identités territoriales. Ce n’est pas tant une réforme des aires géographiques (basées sur la démographie) qu’il faudrait faire, mais une réforme de structure des organismes tels que le SYDER.

Commentaires

"ça durera toujours autant que le marché de Villefranche" dit-on pour ce qui semble impérissable. Pas si sur!
Nous apprenons que le marché du mercredi doit fermé dès octobre. La cause: ECONOMIE D'ENERGIE l'éclairage du hall coute cher!
Les commerçants pourraient toujours exposer et vendre dehors. L'éclairage public s'éteignant vers 9 heures, l'hiver, nos vendeurs profiteraient encore de cette cataracte de lumière qui innonde la place du merché depuis la veille pour rien! NON! elle éclaire un parking vidé pour la nuit, pour les nuits.
Ne pas confondre les bouts de chandelles et les cierges pasquals.

Écrit par : Robert Braymand | 06/06/2011

Nous à Lozanne, nous avons aussi les rampes de spots de la voie ferrée, les néons de toute la zone d'activité allant de Lozanne à Civrieux, clignotant toutes les nuits, plus ceux de quelques commerçants qui pensent faire de la pub en éclairant leurs parkings déserts (dixit eux-mêmes).

Je rappelle que Lozanne est le village le plus au sud du territoire Beaujolais...

Écrit par : périer | 22/06/2011

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