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21/02/2011

Déclaration de la FRAPNA

Déclaration de la FRAPNA Rhône sur les projets d'infrastructures routières dans le Rhône, mentonnés dans le SNIT

Dans le cadre de la consultation engagée jusqu'au 27 février sur le Schéma National d’Infrastructures de Transports (SNIT), la FRAPNA Rhône souhaite faire part de son avis sur l'impact environnemental des projets mentionnés sur le département du Rhône.

 Nous rappelons que les grandes infrastructures linéaires de transport mettent gravement en danger la préservation de territoires aux travers desquels elles passent avec des impacts irrémédiables sur les composantes agricoles, paysagères et écologiques.

 Dans le contexte rhodanien déjà couvert par un réseau autoroutier très dense, la mise en place de tout nouveau tronçon autoroutier va à l'encontre des objectifs de préservation des espaces agricoles et naturels péri-urbains soutenus par les collectivités locales, les associations environnementalistes et les instances agricoles.

 Le SNIT présenté dans l'avant projet consolidé de janvier 2011 mentionne la réalisation d'un « Contournement Ouest de Lyon (réalisation partielle) » dans un objectif de réduction de la congestion. Nous souhaitons marquer une opposition ferme à tout projet de contournement autoroutier aux alentours de l'agglomération Lyonnaise.

 

Un projet indéfini et déconnecté de ses impacts environnementaux

La mention dans le SNIT d'un tronçon de 25 km « au titre de la décongestion » ne fait par ailleurs l'objet d'aucune précision sur le territoire prévu d'implantation, ni sur les voies qu'il s'agirait de fluidifier. Il nous semble hasardeux de miser sur la décongestion de voiries qui n’ont pas encore subi les effets de la prochaine ouverture de l’A89, pour justifier un nouveau tracé du COL.

Par ailleurs, la décision prise par les conseillers généraux du Rhône, le 19 novembre dernier, de réaliser un premier tronçon, entre le Nord de Villefranche et la région de Tarare, soulève de nombreuses inquiétudes et interrogations. 

Délibérer sur un tracé, sans aucune visibilité sur son prolongement, nous parait déraisonnable. Il est fort probable que ce projet d’autoroute Villefranche-Les Olmes débouche sur le projet de la connexion, plus au sud, à l’A7. Cela augmenterait considérablement le linéaire autoroutier, avec toutes les conséquences désastreuses que cela engendrerait sur les espaces naturels et agricoles du Lyonnais et du Pilat.

Les milieux naturels concernés par ces fuseaux autoroutier sont tous de grande qualité avec de nombreuses espèces patrimoniales qui les habitent (oiseaux, amphibiens, flore, insectes...) Tout nouveau projet autoroutier dans milieux colinéens proches de Lyon renforcerait l'érosion de ces espèces qui sont aujourd'hui dans un état de conservation préoccupant.

 Nous déplorons que les autoroutes soient conçues comme des moteurs de développement, en considérant à minima leurs impacts sur les territoires, l’environnement, et le réchauffement climatique.

Les autoroutes péri-urbaines : appel à une urbanisation massive en contradiction avec les enjeux de développement durable

Rappelons qu’aujourd’hui, entre 1000 et 1500 hectares d’espaces naturels et agricoles disparaissent tous les ans au profit de l’urbanisation dans le département du Rhône, soit quatre fois plus que la moyenne nationale. Il n’est pas acceptable de poursuivre la dégradation de territoires de qualité, au bénéfice d’un aménagement  qui ne laisserait que peu de place aux paysages et milieux naturels diversifiés, vrais garants de la nécessaire préservation de la biodiversité.

Une autoroute est une crevasse infranchissable au sein des exploitations agricoles et des milieux naturels. Elle endommage gravement ou rompt les corridors écologiques dont la préservation est pourtant un enjeu régulièrement affiché. Par ailleurs, elle entraîne une urbanisation galopante le long de son tracé, en contradiction flagrante avec l’objectif de densification de l’urbanisation affiché par l'état et les collectivités.

En effet, depuis 2008, associations, collectivités et agriculteurs travaillent en collaboration pour parvenir au maintien des surfaces agricoles et naturelles dans le cadre de la démarche PENAP pilotée par le département du Rhône. Cette démarche qui fait l'objet d'une forte motivation de la part des participants permet de mettre en place des réserves foncières afin de pérenniser l'agriculture et les espaces naturels qui sont tous deux dans un contexte de déclin sur ce territoire. Ce projet autoroutier est en contradiction avec les PENAP et tend à anéantir ces efforts menés dans une perspective d'intérêt général.


         Encore une fois, les associations de protection de la Nature et de la Biodiversité regrettent que la page du tout autoroutier ne soit pas tournée. Nous demandons à ce que les projets d'infrastructures linéaires soient en cohérence avec le Grenelle de l’Environnement (Trame Verte et Bleue), avec les conclusions de la conférence de Nagoya et avec la nécessité reconnue de construire des plans Climat.

Commentaires

Bonne analyse, mais nous en saurons plus après la rencontre des associations avec le Prefet de Region puisque le député Perrut s'est mobilisé pour obtenir un RV rapidement.

Écrit par : Romain | 22/02/2011

Il devient urgent (avant le 20 mars) d'obtenir ce RDV, et surtout d'avoir la liste des élus locaux et nationaux qui soutiennent cette liaison autoroutière.

Écrit par : Laurent Morel | 23/02/2011

RENDEZ VOUS
J'ai entendu dire que les associations ont été contactées pour un rendez vous avec le Préfet. La démarche de M Perrut a été efficace, il faut le reconnaitre.

Écrit par : Jean P | 23/02/2011

Il serait urgent de prendre contact avec Michel Havard, député du Rhône, ancien conseiller général du Rhône, et nommé en février 2011, membre du conseil d’administration de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France en remplacement de Patrick Ollier. Rapporteur de la mission sur la "gestion durable des matières premières" à l'Assemblée Nationale, il "s’inquiète" des conséquences sur l'environnement de l'exploitation du gaz de schiste et vient d’adresser une question écrite à la Ministre de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, Nathalie Kosciusko-Morizet, le 16 février. En tant que candidat annoncé à la mairie de Lyon, défenseur de l’environnement et fraîchement nommé aux infrastructures de transport, nul ne semble mieux placé que lui pour "s’inquiéter" du tracé du contournement Ouest de Lyon.

Écrit par : Laurent Morel | 27/02/2011

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