Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/07/2010

CREN

 

gratiole.jpgQu’est-ce que le CREN (Conservatoire Régional des Espaces Naturels), quel est son rôle dans le Beaujolais.

par Philippe Janssen, chargé d’études au CREN par le département du Rhône.

 

Créé en 1988, le CREN est la dénomination du conservatoire des Espaces naturels pour la région Rhône-Alpes. C’est une association non militante (à la différence de la FRAPNA (CR n° 14) ou du CORA (Centre Ornithologique Rhône-Alpes). Il y a un conservatoire par région, tous réunis en fédération et travaillant en lien avec les départements.

 Le CREN s’est doté d’une mission d’intérêt général : préserver la diversité du patrimoine naturel rhônalpin et sauvegarder la banque de gènes que représentent sa faune, sa flore et ses paysages.

Le CREN n’est pas forcément propriétaire des zones sur lesquelles il travaille, il peut avoir signé un bail emphytéotique avec les propriétaires, ou une convention de gestion avec les municipalités.

 Le CREN couvre l’ensemble de la région Rhône-Alpes et s’occupe plus particulièrement de sites dans les départements de lAin , l’Ardèche, la Drôme, la Loire et le Rhône : pour l’Ain il a une antenne à Charnoz-sur-Ain, pour l’Ardèche, une antenne à Vogüe.

Le siège administratif du CREN est à Vourles 04 72 31 84 50 www.cren-rhonealpes.fr

Sur le territoire du CREN, figurent trois conservatoires départementaux : Avenir (Isère), Asters (Haute-Savoie) et CNPS (Savoie)

 L’action du CREN s’organise autour de trois grands axes :

-la maîtrise d’ouvrage sur des terrains à forte valeur écologique et la mise en œuvre d’un plan de gestion : gestion des milieux naturels. Connaissance des milieux naturels. Pour cela il s’est doté d’outils de classement : les ZNIEFF, le classement en zones humides, un état des lieux de la préservation des espaces naturels remarquables

-l’aide aux collectivités territoriales pour favoriser l’émergence de projets locaux et la cohérence des politiques publiques pour certains projets d’aménagement.

-la sensibilisation aux problèmes de la biodiversité de toutes sortes de partenaires de la vie sociale et économique et le transfert de méthodologies, savoir-faire pour les nouveaux gestionnaires. Le CREN publie 3 ou 4 cahiers techniques (50 pages) par an. Il s’agit de valoriser les acquis. Et pourquoi pas faire une brochure sur le Beaujolais? (Nous soutenons bien sûr cette suggestion de Philippe Janssen).

 250px-Fritillaria_Meleagris_Kungsangen_2006.jpgLe CREN emploie une centaine de salariés :

Hormis le personnel proprement administratif,

une équipe réalise les travaux,

une équipe est chargée des études : inventaires, cartographies, plans de gestion, contacts avec les maires, associations, propriétaires privés… et de la gestion des bases de données.

 

2° Le CREN dans le Rhône,:

(3 personnes : 1 responsable : Fabien Biot + 2 chargés d’études : Chrystelle Coton pour le sud du département, Philippe Janssen pour le nord du département)

2 milieux intéressent particulièrement le CREN :

  • Les pelouses sèches, où l’on trouve diverses espèces d’orchidées et de papillons.

  • Les zones humides, en baisse de 50% en 30 ans : tourbières, mares, prairies humides… L’intervention est financée par l’Agence de l’Eau et la Région. C’est un des grands problèmes actuels.

 

 Le CREN en Beaujolais :

  • La tourbière de Couty à Chénelette. Elle appartient au CREN et est gérée avec les chasseurs et un agriculteur qui y met des chevaux en pâture.

  • l’Espace Naturel Sensible des Landes du Beaujolais : le CREN n’y agit plus, le département en a repris la gestion. C’est le Département qui a créé cette notion d’ENS. (cf CR du 6 mars 2007)

  • les zones humides des têtes de bassin : tourbières, prairies : Etudes de faisabilité (financées à 50/50 par l’Agence de l’Eau et la Région) et inventaires en collaboration avec les contrats de rivières. 50 zones ont été identifiées : il faut rencontrer les maires des communes concernées, puis les propriétaires privés, les convaincre d’adhérer au projet. Le CREN a rédigé les plans de gestion d’une quinzaine d’entre elles, puis communes, chasseurs, associations… peuvent prendre le relais. Ce sont des contrats de biodiversité sur 5 ans.

  • le site Natura 2000 le long de la Saône entre Belleville et St-Georges : Le CREN a fait il y a 15 ans un document d’objectifs mais il n’y a pas de gestion pour l’instant.

  • Le marais de Boistray,

 

Le marais de Boistray

Situé sur les communes de Saint-Georges de Reneins et d’Arnas, il est un des derniers sites gérés par le CREN. C’est un petit bijou. Compris entre l’autoroute A6 et l’ex-RN6 (D306) sur une superficie de 120 ha, il est depuis longtemps considéré comme un site d’importance régionale et nationale pour sa faune et sa flore. Ce patrimoine naturel remarquable est reconnu à travers les inventaires :

  •  
    • des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) par le Ministère de l’Environnement,

    • des sites susceptibles d’être reconnus d’importance communautaire (siteA1-Prairies humides et forêts alluviales du bord de Saône) NATURA 2000 par le Conseil de l’Europe,

    • des Espaces Naturels Sensibles (ENS) par le Conseil Général du Rhône.

 A l’initiative de la commune et dans le cadre de la politique environnementale du département du Rhône, le CREN réalise depuis 1996, à l’aide de plans de gestion, un suivi des différentes espèces d’animaux et de leur habitat :

250px-V_elatior-fleur.jpgLe marais abrite une flore remarquable : citons la gratiole, la fritillaire, l’ail anguleux, le seneçon des marais, l’inule britannique et la violette élevée (seule station en Rhône-Alpes).

L’avifaune comprend entre autres la fauvette grisette, la rousserole effarvate, l’hypolaïs polyglotte et le phragmite des joncs.

Amphibiens (le triton crêté), papillons (le cuivré des marais) et libellules sont également observés.

C’est le CORA (le siège est à la Maison Rhodanienne de l’Environnement, 32 rue Sainte Hélène, 69002 Lyon, 04 72 77 19 85 et CORA 69 publie une revue d’ornithologie, L’Effraie) qui fait le suivi des oiseaux et des amphibiens. Le CREN établit un cahier des charges en lien avec agriculteurs et chasseurs locaux pour concilier leurs intérêts et le respect de la faune et de la flore, c’est un plan de gestion sur 5 ans, en fonction d’objectifs à long terme. Les chargés d’études suivent l’impact des pratiques et réajustent s’il le faut, en concertation avec tous. L’agriculteur doit réaliser une fauche tardive afin de respecter la reproduction des espèces, puis il peut mettre quelques bêtes en pâture pendant un certain temps.

Tous les 5 ans, le comité de pilotage (communes, CC, Conseil Général, DDT, Agence de l’Eau (VEOLIA), les syndicats agricoles locaux, la société de l’autoroute, EDF, les fédérations de chasse et pêche, la FRAPNA, le CORA, l’agriculteur Monsieur Rosier) fait un bilan en particulier sur l’évolution de la faune et de la flore, à la suite duquel de nouvelles propositions sont faites.

On constate à Boistray un assèchement progressif du marais. Des études plus poussées en hydrologie vont être proposées pour en comprendre les raisons.

 

 

 

 

CDDPB 01-2010

DSC_4061.JPG "Où en est la gouvernance du Pays Beaujolais : Une refonte pour plus de lisibilité, de cohérence et d'efficacité"

A lire absolument :


la Charte de développement durable du Pays Beaujolais - Janvier 2010

 

11/07/2010

Le Patriote Beaujolais - juin 2010.

 

 

Découverte du marais de Boistray

 

Le 4 juin, une trentaine de passionnés de nature, à l’invite de Paysages Beaujolais (PB) ont pu visiter cette étendue de 120 ha d’espaces protégés peuplés de hautes herbes. Site d'importance nationale pour sa faune et sa flore, une gestion spécifique y est appliquée depuis 1996 par le Conservatoire Rhône-Alpes des Espaces Naturels (CREN). Des conventions avec agriculteurs locaux, communes et sociétés de chasse permettent de conserver ou accroître l’intérêt patrimonial de ces milieux herbacés humides. Précédé de M. Philippe Janssen, Chargé d'étude du CREN le groupe enthousiaste réuni par Mme Brossard, présidente de PB, a découvert les aspects rares d’une nature encore préservée. Car l’observation scientifique de ce marais a mis en évidence une vie riche de sa diversité. Il abrite une flore remarquable dont la gratiole, la fritillaire, l'ail anguleux, le séneçon et l’euphorbe des marais, l'inule britannique et la violette élevée (seul site en Rhône-Alpes). Sur le plan ornithologique on y recense encore la fauvette grisette et la rousserolle effarvatte (autre fauvette des marais). L'hypolaïs polyglotte et le phragmite des joncs y voisinent régulièrement avec 77 autres oiseaux parmi plus de 120 espèces observées. Des amphibiens (le triton crêté) et des libellules le fréquentent. Un papillon rare, le cuivré des marais a pu être capturé par M. Janssen, observé un instant avant d’être relâché respectueusement. De retour en soirée le groupe fourbu mais ravi partagea le verre de l’amitié, autre spécialité beaujolaise délectable.


 

Photo montrant une partie du groupe autour de M. Janssen.

A ) Consignes de M. Janssen à l'entrée du marais.jpg