19.05.2009
La F.R.A.P.N.A.
LA FRAPNA, (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) son rôle, son utilité, pour la protection de la nature
Intervention de Gérard Hytte, (24-02-09)
vice-président
de la FRAPNA du Rhône
1) Qu’est-ce que la FRAPNA ?
La FRAPNA est une association loi 1901, créée en 1971. Elle est agréée par le Ministère de l’Environnement en 1978 et reconnue d’utilité publique en 1984.
La FRAPNA est composée de 8 sections départementales (une par département). Au niveau régional, il y a l’Union Régionale FRAPNA qui joue le rôle de bureau de coordination.
L’objet de la FRAPNA est « la défense, la sauvegarde, la protection, la valorisation de l’environnement, des sites, des paysages, des écosystèmes, des milieux naturels, de la faune et de la flore qu’ils abritent, ainsi que la préservation, la restauration et la gestion des écosystèmes… »
2) Qu’est-ce que la FRAPNA-Rhône ?
Elle est l’héritière de l’association COSILYO, créée en 1966 (dépôt des statuts en 1968) sous l’égide du Club Alpin Français et de quelques universitaires.
Elle est agréée au titre de la Loi de protection de la nature et du code de l’urbanisme et répertoriée dans la liste des associations agréées choisie par le préfet pour siéger en commission administrative.
Elle est agréée comme dispenseur de formation par les ministères de l’Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports.
Elle compte 300 adhérents et une douzaine d’associations
Elle emploie 15 personnes en CDI et CDD en 2009.
Elle a un patrimoine, elle achète des terrains qui ont un intérêt écologique : elle a 4 propriétés (un total de 8 hectares) dont 2 en Beaujolais :
•plusieurs parcelles boisées de feuillus à Monsols
•l’Ile de Motio, sur la Saône, couverte de forêt alluviale
et 2 en Lyonnais :
•la mine du Verdy à Pollionnay, ancienne mine devenue réserve naturelle régionale en 2008 pour les chauve-souris qu’elle héberge
•une parcelle à Montromant
Son budget provient - des cotisations
- des contrats passés avec les collectivités locales (Grand Lyon, Conseil général du Rhône, Conseil régional …) et des entreprises
-Elle travaille avec la Fondation d’entreprises Veolia Environnement, créée en 2004 qui œuvre pour le développement durable dans de nombreux domaines : La FRAPNA-Rhône fait appel à des aides pour le développement d’outils pédagogiques et la création de cartes vertes : jeu de l’arbre, jeu de l’eau, aide à l’emploi jeunes, des actions transversales telles que expo art et nature, le Rhône, inventaires des arbres remarquables (à la Maison Rhodanienne de l’Environnement).
3) Actions de la FRAPNA-Rhône
Outre ses actions pédagogiques qui constituent les 2/3 de ses activités, elle assure une veille écologique :
•Les dangers qui pèsent sur le Pays Beaujolais
le pays est menacé par le monde socioprofessionnel :
-l’exploitation des granulats en bord de Saône, nécessaire pour l’immobilier, fait disparaître des espaces naturels. On extrait dans le lit majeur de la Saône le matériau nécessaire à l’activité économique. A Bourdelan il y eut le projet de faire une immense zone de loisirs.
L’Etat a imposé à chaque département de faire un schéma des carrières.
Comment le paysage s’appauvrit en Beaujolais :
par les plantations de peupliers en bord de Saône, de douglas qui tendent à descendre des sommets : la ligniculture
les reboisements se font en timbre-poste
d’où appauvrissement de la faune et de la flore.
Le maraîchage modifie les sols.
Les grandes cultures (maïs, soja, tournesol …) prennent de la place au détriment des prairies. Toute culture intensive avec amendements et épandage de produits en grande quantité crée des paysages monotones et des déserts écologiques.
Les sports motorisés, les quads, les motos, les scooters font reculer la nature par le dérangement occasionné.
Les corridors écologiques, véritables chemin de vie des espèces, ne sont pas respectés, voire supprimés.
•les atouts du Beaujolais :
-les fonds de vallon ne sont pas touchés par l’agriculture intensive : des zones humides subsistent : les lônes, les bras morts, les iles de Taponas (cf l’Ile du Rontand à Albigny sur Saône), les affluents.
-les zones humides (mares …) : deux tourbières subsistent dont celle du Couty (environ 3,5 ha) à Chênelette (ZNIEFF type 1)
-le milieu des hauts : dans les landes : busards,
ilots calcaires où poussent des plantes calcicoles, comme les orchidées et où se réfugient des chauve-souris
-la forêt de feuillus
le Département a acquis: environ 1700 hectares de forêt confiées à l’ONF. Depuis la tempête de 1999, la gestion se veut différente en ne perdant pas de vue son rôle social et environnemental. A terme, la forêt deviendra plus diversifiée : frêne, charme, fruitiers.
Chaque massif forestier du Département est pourvu d’un plan de gestion.
-les milieux de substitution : les vieilles mines deviennent des sites d’hibernation pour les chauve-souris comme les mines de Vallossières à Claveisolles, classées zone Natura 2000 (arrêté du 17 octobre 2008). Le pays beaujolais est une des zones les plus riches en anciennes mines d’où sa richesse en chauve-souris
- les carrières abandonnées peuvent accueillir une faune intéressante : le grand duc par exemple ou certains amphibiens. Elles créent ainsi une nouvelle biodiversité.
4) Les pistes d’actions
- il faut être très vigilants au niveau des PLU : un maire peut faire classer en « Espaces Boisés Classés » (EBC) ex. St Georges de Reneins. C’est un outil très important dans les PLU.
- on peut faire différentes actions en justice pour préserver les corridors biologiques, les rivières
- le reboisement permet de lutter contre les crues catastrophiques : sur un hectare, une forêt de feuillus retient 10.000m3 d’eau
- l’arrêté préfectoral de protection de biotope permet de faire une réglementation qui contraint, sur ce qui se passe sur la zone :
interdit de planter des résineux
les engins motorisés interdits
le camping interdit
les déchets interdits•
avec possibilité de verbaliser
- les ZNIEFF (Zones naturelles d’intérêt écologiques, floristiques et faunistiques)
elles ont été établies pour porter à la connaissance de tous que sur ces zones il existe un habitat et/ou des espèces animales ou végétales déterminantes
• les ZNIEFF de type 1 : lieu où se situe les espèces déterminantes
• les ZNIEFF de type 2 : regroupent plusieurs ZNIEFF de type 1 avec la préservation des fonctionnalités écologiques (lieux de nourrissages, de reproduction ..) des espèces présentes.
L’aérodrome de Frontenas : landes humides, ajoncs, callunes, vanneaux … (pour plus d’info : www.rhone-alpes.ecologie.gouv.fr/)
- les MAET (Mesure Agri-Environnementale Territorialisée)
Ce sont des mesures spécifiquement destinées aux agriculteurs et sur la base du volontariat dans le but de compenser financièrement des pertes de temps, des pertes de valeur du produit, des pertes de rentabilité.
Elles sont destinées à être appliquées en priorité sur les zones Natura 2000 et d’autres sites définis comme « à enjeux » :
ex : retard de dates de fauche
absence ou limitation de fertilisation
conservation ou plantation d’arbres isolés
couvert herbacé
plantation de haies
mares
- les Réserves Naturelle Régionale (RNR)
Outil à la disposition du Conseil Régional de Rhône-Alpes. Dans le Rhône, un seul site est classé : la mine du Verdy à Pollionnay pour sa faune chiroptérologique.
Conclusion :
La nature « ordinaire » que sont les haies, les réseaux de haies, les mares, les prairies, les boisements de feuillus permet à ces milieux de vie remarquables de durer. S’intéresser à cette nature ordinaire, la connaître, la protéger, la respecter est un pas essentiel pour la protection des milieux naturels remarquables. Dans cet objectif, la FRAPNA a édité en collaboration avec la Fédération Départementale des chasseurs du Rhône un petit guide de plantation de haies (que l’on peut télécharger sur ce blog »)
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