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24/02/2008

Agriculteurs,viticulteurs, acteurs du paysage.

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Nous pensons que les agriculteurs sont les principaux acteurs du paysage.

 

 

 


Il est donc important dans la période de crise que vit actuellement le Beaujolais, où de nombreuses exploitations cessent leur activité et où nous assistons à l’arrachage de vignes sur de nombreuses parcelles, de connaître la politique que mène la Chambre d’Agriculture du Rhône, quels sont ses objectifs, comment ses actions s’articulent avec les représentants de la profession viticole.

C’est pourquoi nous avons demandé à la Chambre d’Agriculture du Rhône de nous présenter ses instances et ses actions. Ont répondu à notre invitation Mme Lydie Constant, chargée de l’animation territoriale à la Chambre d’Agriculture du Rhône, et M. Gérard Presle, Président du Comité de Développement du Beaujolais, secrétaire adjoint du bureau de la Chambre d’Agriculture, viticulteur à Marcy sur Anse (exploitation de 20 hectares de vignes) Président du syndicat sur cette commune et représentant élu de l’Inter-Beaujolais…

Intervention de Monsieur Gérard Presle.
Gérard Presle rappelle tout d’abord l’organisation de nos instances agricoles. La Chambre d’Agriculture du Rhône (une chambre par département) est une organisation professionnelle avec un statut d’établissement public. Sa présence en vignoble beaujolais se fait par l’intermédiaire d’une annexe : le Comité de Développement du Beaujolais qui fonctionne sous forme d’association (le CDB)
La chambre d agriculture gère les fonds publics qui proviennent
- d’une partie de l’impôt foncier : environ 4 millions €
- des prestations de services : par exemple suivi œnologique
- de fonds du Conseil Général
Le CDB est dirigé par un comité directeur composé de 20 membres de droit dont :
- 5 élus de la Chambre d’Agriculture
- 5 élus de l’Union Viticole (rôles de défense des Appellations et défense syndicale des adhérents en liaison avec la FDSEA)
- 3 élus des trois appellations : le beaujolais, les beaujolais-villages, les crus
- 2 élus de l’interprofession
Son rôle est d’élaborer une politique en liaison avec les viticulteurs. Ces dernières années, il a agi surtout sur la protection phytosanitaire raisonnée de la vigne. Il travaille aujourd’hui à améliorer la qualité des vins par une action de conseil en vinification, à favoriser l’adaptation des vignes face à un futur manque de produits de traitements, à faire changer les conduites de culture.

Tous les trois ans, un programme de développement est mis sur pied : par exemple 2004-2005-2006 le traitement des effluents viticoles sur toutes les exploitations est en train de se réaliser avec l’aide de la Chambre d’Agriculture qui se fait sous deux formes : conseil en aménagement et subvention (40% des travaux effectués)

Fin 2007 a été mise en place une aide à la restructuration des vignes, (primes d’arrachage afin d’éviter des friches et que piquets et fils de fer ne restent), restructurer des parcelles pour replanter avec de nouvelles densités, pour permettre une mécanisation accrue et une baisse des rendements. Il s’agit de trouver des moyens de lutte contre la concurrence internationale.

Certains ont fait remarquer à Monsieur Presle :
- que les primes à l’arrachage ont surtout été vécues comme une incitation à cesser l’activité viticole,
- qu’on voit, malgré les primes, des vignes non entretenues avec piquets et fils de fer parce que des viticulteurs veulent conserver leurs droits de plantation,
- qu’il est très difficile à un viticulteur de se reconvertir dans une autre activité agricole parce qu’en général, il cesse après d’énormes difficultés financières et qu’il ne peut plus envisager le moindre investissement,
- que l’aide à une reconversion est tout à fait insuffisante et qu’il s’agit de vœux pieux.

Afin de répondre à la crise, le préfet a mis en place une commission, la commission Bolio, qui réunit tous les acteurs de la filière viticole et les élus du Beaujolais.
Dans le domaine commercial, un organisme interprofessionnel appelé l’Inter Beaujolais a été créé par décret (25-09-1959). Il regroupe les producteurs et les négociants.
Cet organisme se rémunère avec une cotisation paritaire et obligatoire sur toutes les transactions entre un producteur et un « metteur en marché »
Lesquels libèrent environ 7 millions €.

Gérard Presle insiste sur le fait que toute politique agricole, et en particulier en cas de crise comme celle que nous vivons, doit se faire en lien avec les communes et les Communautés de Communes. Ainsi la gestion des terrains déplantés doit être reprise par les maires avec l’aide du CDB. La commune de Theizé travaille dans ce sens. Tous ceux qui avaient arraché des vignes ont été réunis à l’initiative du maire pour réfléchir à ce qu’ils pourraient faire de leurs terres. Échanges de parcelles, nouvelles productions, etc.
Il est objecté à Monsieur Presle que l’aide du CDB se fait moyennant finances et que beaucoup de communes rechignent à débourser une somme qui peut aller de 1000 à 3000 €. L’état de crise dans lequel est inféré le Beaujolais devrait inciter le CDB à être plus volontariste et ne pas quémander aux communes des frais de prestations alors qu’il s’agit d’un maillon essentiel de toute politique agricole et du paysage aujourd’hui.

Intervention de Madame Lydie Constant

La politique agricole sur un territoire donné tourne autour de trois piliers : le Conseil Général, la Chambre d’Agriculture, la Commune. Pour faire face à la crise, le Conseil Général s’était tourné vers l’Union Viticole du Beaujolais. Cette dernière n’a pas répondu à l’invitation. Donc la Chambre d’Agriculture s’est substituée à l’UVB.
Lydie Constant nous explique qu’elle est chargée pour le Beaujolais d’accompagner les viticulteurs dans leur reconversion et dans l’utilisation des terres libérées par l’arrachage des vignes. Elle insiste sur ce rôle d’accompagnement qui ne peut se faire que dans la structure de la commune. Il faut une demande du maire, sa participation. Sans cela, rien ne se passera. Elle nous conseille vivement de nous mettre en rapport avec le maire de Theizé qui a engagé une concertation entre ses administrés viticulteurs qui éprouvaient de graves difficultés dans leur activité. Les gens se sont parlé, se sont organisés et commencent à entrevoir comment sortir de l’impasse et se reconvertir ou bien changer de pratiques.

Bien consciente que le paysage est étroitement lié à l’activité agricole, Lydie Constant nous parle d’un nouvel outil de protection : la PENAP (Protection d’Espaces Agricoles, Naturels et Périurbains), créée par la loi de « Développement en Territoire Ruraux » (DTR) du 24 février 2005. Il s’agit pour le Département d’un nouvel outil de maîtrise foncière. Le Rhône a voté cette compétence pour tout le département : tout le département est classé en zone périurbaine depuis mai 2007.
Pour l’instant, le travail commence sur les territoires les plus exposés : l’agglomération lyonnaise & la banlieue ouest de Lyon. Le Beaujolais est remis à plus tard. Il faut laisser au pays le temps de se restructurer face à la crise viticole.

Cette politique doit trouver sa place par l’intermédiaire du SCOT. Il faut l’accord des communes car il s’agit d’une remise en cause des PLU.

Tous les présents pensent qu’il faut aller vite, que le SCOT a déjà du mal à passer auprès des maires.
On s’aperçoit que : les PLU ont une durée de vie de 10 ans
le SCOT, de 30 ans
les PENAP sont pérennes.

Tout cela est à réfléchir…

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